
Critique sans spoilers du film Supergirl, réalisé par Craig Gillespie et sorti en 2026 au cinéma.
Avec Milly Alcock, Matthias Schoenaerts, Eve Ridley, Jason Momoa, Emily Beecham, David Krumholtz…
Sur une planète lointaine, une jeune fille est à la recherche de celui qui a tué ses parents et croise le chemin de Supergirl. Les voici embarquées dans un long voyage intergalactique en quête de vengeance et au cours duquel elles feront équipe avec un allié inattendu.

Le retour de la cousine de Superman !
Nous avions fait la connaissance de Kara Zor-El à la fin de Superman, où nous pouvions la voir passablement éméchée et avoir un dialogue plutôt décousu avec son cousin. La voici de retour, et toujours éméchée, et on retrouve également Krypto le super-chien pour le plus grand plaisir de ses fans (dont nous faisons partie). On reste donc fort logiquement dans le même univers que le film précédent, comme en atteste la présence de David Corenswet dans le rôle de Kal-El alias Superman. Mais cette fois le film est bel et bien consacré à Kara, dont on suit les aventures à travers l’espace.

Supergirl : badass mais touchante
Incarnée par Milly Alcock, Kara alias Supergirl a de quoi surprendre le spectateur : en effet, quand on a en mémoire le film des années 80 avec Helen Slater ou la série TV de la CW avec Melissa Benoist, voir une Supergirl qui boit comme un trou, jure comme un charretier et ne fait pas semblant sur la bagarre ça fait bizarre ! Sans oublier le fait qu’au début elle ne porte pas son costume iconique, au profit d’un look que l’on a déjà vu chez Marvel (on en reparle plus bas).

Et pourtant, la mayonnaise prend très bien : la jeune comédienne, qui d’ailleurs ne mérite absolument pas les méchancetés qui se sont déversées sur elle, incarne avec justesse une super-héroïne un peu malgré elle et surtout paumée de par son statut de survivante de Krypton, n’ayant pas pu grandir et être élevée sur Terre comme son cousin. Son côté badass est contrebalancé par ses fêlures, ce qui en fait un personnage très touchant qui finalement va trouver sa voie au travers de sa quête même.
Une jeune fille à aider et un méchant vraiment très méchant !
Dès le début du film, Kara fait la connaissance de la jeune Ruthye Marye Knoll dont le rôle est tenu par Eve Ridley (aucun lien, fille unique). Au début très réticente à la suivre dans sa quête de vengeance, elle va finalement l’accompagner vu qu’elle aussi a besoin de retrouver celui qui a tué les parents de la jeune fille (ses motivations sont donc égoïstes au départ). L’interprétation d’Eve Ridley est impeccable, notamment au niveau de l’évolution de son personnage qui apprend la vie à la dure.

Face à Kara et Ruthye, nous découvrons un certain Krem des Colines d’Ocre. C’est à Matthias Schoenaerts que revient la mission d’incarner le méchant du film, et s’il en fait un peu trop par moments il est toutefois complètement à l’aise dans le rôle d’une vraie pourriture que l’on a vraiment envie de voir mordre la poussière à chacune de ses apparitions. Quant à son look, même s’il diffère de son modèle de papier (on en reparle plus bas), il s’intègre dans l’atmosphère du film.

Le Mec plus ultra est là !
Si on parle de Mec plus ultra dans le contexte de l’univers DC, il ne s’agit pas du regretté Michel Blanc (si vous avez saisi la vanne, félicitations : vous êtes vieux/vieille) mais bel et bien de Lobo ! Le mercenaire venant de Czarnia est bel et bien au programme du film, incarné par Jason Momoa. Si nous n’avions pas spécialement apprécié le comédien dans le rôle d’Aquaman, là par contre il n’y a rien à redire : un bon gros bourrin mal embouché et très puissant, ça lui va comme un gant ! A noter qu’on ne le voit pas tant que ça dans le film, mais ses apparitions valent toutes leur pesant de cacahuètes.

Le retour de Mad Max contre-attaque
Dès le début du film, on se rend compte assez vite que l’ambiance de science-fiction reflète des influences de Star Wars : aliens bizarroïdes, des bars mal famés qui ont des faux airs de cantina, vaisseaux pas forcément très propres… de quoi penser à Star Wars.

Mais une autre influence du film pourrait bien être Mad Max : le design des méchants (Krem et ses acolytes), certains décors et véhicules… ça sent le Mad Max à plein nez ! Certes, c’est nettement moins violent mais tout ceci y fait beaucoup penser.

L’ombre de James Gunn plane sur Supergirl
Ce second film du nouvel univers DC de Peter Safran et James Gunn n’a pas été réalisé par ce dernier mais pourtant on reconnait des petites choses qui font furieusement penser à son univers. Qu’il s’agisse du baladeur avec écouteurs oranges rétro et du manteau de Kara qui font penser à Star-Lord, la bande-son omniprésente, l’ambiance générale du film très « science-fiction cracra » avec des bestioles bizarres ou même la caractérisation de l’héroïne avec un côté un rien loser tout ça respire le James Gunn à plein nez. Est ce qu’il a glissé quelques idées à Ana Nogueira (scénariste du film) et Craig Gillespie (réalisateur du film) ou bien est ce que ces derniers se sont alignés sur son travail chez Marvel ? Nous ne le savons pas, mais clairement Supergirl fait vraiment beaucoup penser aux films Les Gardiens de la galaxie !

Supergirl : Un film agréable à regarder mais hélas pas parfait
Dès les premières images du film, on se retrouve embarqués dans une histoire qui se regarde avec plaisir et les quelques blagues sur l’attitude de Kara font mouche (même si on se serait passés de la scène des toilettes). Le road trip spatial fonctionne bien, et l’histoire est intéressante avec pas mal de très bonnes idées qui ne sont pas toutes venues du comic book d’origine. La bande-son dont nous parlions plus haut est efficace, et quant aux effets spéciaux ils sont de bonne facture et nous n’avons pas remarqué de ratages à ce niveau.

Par contre, côté rythme ça pêche : les flashbacks sur le passé de Ruthye et celui de Supergirl ont leur utilité pour mieux les comprendre, mais quand ils surviennent ça casse le rythme et on a du mal à se remettre dans l’histoire après. De même, quand à un moment du film on peut penser qu’on est partis sur de la baston pur jus et de l’action non stop, l’histoire se remet à ralentir et du coup là aussi ça pêche en terme de rythme. C’est dommage, parce qu’avec un rythme mieux équilibré le film aurait peut être récolté moins de mauvais avis.

Du côté de l’adaptation
Ca se voit moins depuis que le titre du film a été changé, mais Supergirl est une adaptation du superbe Supergirl Woman of tomorrow de Tom King et Bilquis Evely dont nous vous avions livré une critique très enthousiaste lors de sa sortie française il y a déjà quatre ans. Si on retrouve l’essentiel de l’histoire du comic book, il y a tout de même quelques différences marquées.

Tout d’abord, le personnage de Supergirl est nettement moins brut de décoffrage dans l’album, plus proche de la caractérisation habituelle de la dernière fille de Krypton, tandis que Ruthye est un peu plus âgée sur le papier. Lobo est absent de l’histoire de Tom King, le récit forme une quête initiatique et surtout l’ambiance est nettement plus orientée vers la space fantasy que la science fiction du film grâce au magnifique graphisme de Bilquis Evely (quel dommage de ne pas avoir conservé l’ambiance d’origine et ses designs). Enfin la fin du comic book est différente, notamment au niveau de la morale de l’histoire.

A noter aussi que le changement d’ambiance entraine des modifications dans le design des personnages : outre l’omniprésence d’extra terrestres bizarroïdes dans le film (il y en a aussi dans l’album mais moins), Krem – le méchant du film – est nettement plus sobre sous le trait élégant de Bilquis Evely. Il y a une cohérence entre son apparence cinématographique et l’atmosphère davantage science-fiction de Supergirl, mais là aussi c’est dommage de ne pas avoir conservé le design original. Au final toutes ces différences ne font pas forcément du film une mauvaise adaptation, mais il faut être conscient que ces divergences sont importantes et qu’en conséquence même si on retrouve les grandes lignes du récit ce n’est pas non plus une adaptation très fidèle.

Concernant Lobo, on est par contre dans quelque chose d’assez fidèle au matériau d’origine. Lobo est mal embouché, costaud, créatif avec son crochet et fumeur de cigares sur sa grosse moto même s’il est tout de même un poil moins violent que dans ses exploits les plus débridés dans les comics. Et côté design, c’est très réussi !
En conclusion
Supergirl n’est pas un film exempt de défauts, et n’est pas non plus une adaptation très fidèle de l’œuvre de Tom King et Bilquis Evely. Toutefois cela n’en fait pas un mauvais film pour autant, loin de là : il a tout de même ses qualités, il est agréable à regarder et Milly Alcock campe avec justesse une Supergirl qui sort des sentiers battus.

Concernant les scènes post-générique, il n’y en a pas. En fait la fin du film devait à l’origine en être une, mais il a été jugé qu’elle avait davantage sa place comme conclusion du long métrage.
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