
Critique sans spoilers du film Superman, réalisé par James Gunn et sorti en 2025 au cinéma.
Avec David Corenswet, Rachel Brosnahan, Nicholas Hoult, Edi Gathegi, Nathan Fillion, Isabela Merced, Skyler Gisondo…
Extra-terrestre venu de la planète Krypton, Superman intervient dans le monde entier en se mêlant même de conflits entre pays. Cela déclenche la colère de Lex Luthor, toujours déterminé à se débarrasser de lui. Mais l’Homme d’acier est-il bien le héros qu’il prétend ?

Superman : Direction le grand bain !
Avec ce nouvel univers DC au cinéma, on pouvait penser que nous aurions à nouveau droit aux origines de Superman. Après tout, il ne serait pas déconnant de présenter le personnage, vu qu’il s’agit du premier film avec cette version de Superman. Ce n’est pourtant pas le cas dans ce film, qui plonge directement le spectateur dans le grand bain !

James Gunn a en effet décidé de ne pas rejouer les origines de Superman, se contentant d’un petit texte introductif sur les méta humains. Il est supposé que les fondamentaux du personnage sont connus du public, donc en effet pourquoi perdre du temps pour une énième redite de ses origines ? Même si le passé de l’Homme d’acier, tant kryptonien que terrien, joue un rôle important dans l’histoire.
Superman et Lois
Dans le rôle de Clark Kent / Superman, nous avons droit à un nouveau venu : David Corenswet. Le comédien est très à l’aise dans les deux aspects du rôle, avec une dichotomie efficace entre celui qui est le « vrai » lui et celui qui est le déguisement. Superman version James Gunn est un vrai gentil qui est là pour aider son prochain, et même s’il n’est pas tout à fait aussi souriant qu’attendu il n’en demeure pas moins solaire et inspirant.

A ses côtés, Rachel Brosnahan campe une Lois Lane tout à fait convaincante. Femme de tête et déterminée à ne jamais se laisser marcher sur les pieds, Lois Lane version 2025 est impeccable d’un bout à l’autre du film. On pourra aussi particulièrement apprécier l’alchimie entre David Corenswet et Rachel Brosnahan, qui apporte un vrai plus à leur relation cinématographique.
Un Lex Luthor particulièrement retors
Incarné par Nicholas Hoult, Lex Luthor version James Gunn fait diablement penser au personnage tel qu’il apparait dans les comics : retors, diabolique, prêt à tout pour anéantir son adversaire. On pourrait même dire que le personnage fait peur par moment, tant il déverse des flots de haine vis à vis de son ennemi juré. En tout cas la prestation du comédien est impeccable.

On observera que cette version de Lex Luthor est 100% sérieuse, sans le moindre humour attaché au personnage. C’est un changement par rapport au personnage tel qu’il apparaissait sous les traits de Gene Hackman, mais c’est très cohérent avec l’histoire que l’on nous raconte.
Je s’appelle Krypto
Dévoilé dès la première bande-annonce, Krypto le super-chien joue un rôle non négligeable dans l’histoire du film. Cela apporte davantage de fun, et à l’instar d’un autre élément très « silver age » lâché au détour d’un dialogue cela permet de retrouver l’esprit un peu farfelu des comics de la grande époque. Car après tout, ça reste un super-chien avec une cape !

Il est encore un peu tôt pour savoir si Krypto sera autant une machine de guerre en terme de produits dérivés qu’un certain Groot (à noter que la rédaction a déjà cédé…) mais en tout cas tout est fait pour que cela soit le cas !
Trois métahumains sinon rien
Parmi les personnages qui se trouvent dans le film, nous avons droit à un trio pas comme les autres : Green Lantern version Guy Gardner (Nathan Fillion), Hawkgirl (Isabela Merced) et Mr Terrific (Edi Gathegi). Le trio fonctionne très bien, avec des effets spéciaux tout à fait réussis pour montrer leurs capacités. Et soyez rassurés, en plus d’arborer sa fameuse coupe au bol Green Lantern est tout autant un c*****d que dans les comics !

A noter qu’il y a d’autres métahumains, tels que l’Ingénieur (María Gabriela de Faría), Ultra Man ou encore Metamorpho (Anthony Carrigan). Ces trois derniers jouent également un rôle important dans l’intrigue, et bénéficient d’effets spéciaux soignés.
Superman : Un bon film avec du fun et du sérieux
Ce qui est remarquable avec ce film, c’est qu’on ne voit absolument pas le temps passer, ce qui est particulièrement bon signe. Le rythme est parfaitement dosé, alternant les scènes d’actions – dont certaines sont très spectaculaires – et les moments plus calmes. On appréciera aussi la beauté des effets spéciaux, qui donnent vie avec beaucoup d’éclat à cette histoire de Superman.

On notera que même si le propos du film est globalement sérieux (avec une réflexion intéressante sur les interventions de super-héros dans les conflits entre pays), cela n’empêche pas de glisser des moments plus légers. Il y a donc quelques touches d’humour bienvenues pour lâcher un peu de pression, sans que cela ne soit un problème. Après tout, les films Superman « classiques » (Richard Donner / Richard Lester) apportaient eux aussi leur lot de fantaisie !
En conclusion
Superman est une très bonne surprise, lançant avec une grande efficacité le nouvel univers cinématographique de DC. James Gunn a tout à fait saisi l’essence du personnage, donc il livre une version particulièrement convaincante.

Concernant les scènes post-générique, il y en a deux. Elles n’apportent pas spécialement quelque chose par rapport à l’univers partagé de DC (donc n’y attendez pas d’annonce particulière) mais sont tout de même très sympathiques.
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Summer Fan
Et comme d’habitude, une décennie d’adaptations super-héroïques DC commence avec un Superman…
Et comme depuis 47 ans maintenant, ça va se passer de manière cahotique (beaucoup d’artistes et producteurs pas d’accord sur la manière de faire), et avec trop d’autocritique.
Il faut se rendre à l’évidence, il y a toujours eu un truc qui coince avec ce personnage, en particulier au cinéma, peut-être à cause de l’héritage du Nouvel Hollywood… impossible de mettre en scène durablement le héros dans toute sa splendeur, il y a une sorte d’ « obligation » à lui rajouter de la complexité, pour donner l’impression qu’on n’attire pas le public juste pour des scènes d’action – le studio Warner, ce mécène des artistes, mais sans poigne.
Reeve, Routh et Welling nous racontaient l’histoire d’un Superman de plus en plus assumé, mais qui aurait pu aussi bien tout laisser tomber pour une vie terre-à-terre.
L’ombrageux Cavill racontait presque le contraire, et ça le rendait moins sympathique.
Il fallait vite inverser la tendance. Trop vite a priori, puisque le résultat par James Gunn se révèle être quasiment…
Une Parodie.
Involontaire certes, mais regardons bien comment se présentent les scènes de ce film : filmées en courtes focales, ce qui n’empêche pas de voir le manque d’ampleur à l’écran (l’image est artificiellement élargie), on nous balance direct des individus costumés, connus du Grand Public ou des seuls geeks, pour mieux les ridiculiser via leurs pouvoirs ou bien en les insérant dans un quotidien banal. Entre un sketch du SNL ou « La Vie quotidienne des Super-Héros » des Nuls, mais avec beaucoup plus de budget – n’oublions pas non plus que James Gunn a régulièrement détourné les héros puissants à cape (The Holy Avenger dans « Super », « Brightburn », Adam Warlock).
Et chaque personnage d’être pioché dans les comics, ou bien en s’inspirant d’adaptations précédentes (qui ont elles-mêmes digéré leurs prédécesseurs), que Gunn va décaler pour en faire tous des rigolos qui s’ignorent.
On est tellement dans la continuité de toutes les adaptations précédentes, que tous ceux les ayant toutes vu (et retenu) passeront leur temps avec une tenace impression de Déjà Vu… mais en moins bon, plus dilué, et donc plus sarcastique.
Ainsi David Corenswet ressuscite la bonhommie de George Reeves, le côté gauche de Christopher Reeve, le côté « à la bourre par rapport aux autres héros » de Tom Welling (avec la BO de John Williams qui lui colle aux basques). Pour un Superman qui semble ici perdu dans une époque qu’il ne comprend pas – c’est pas Captain America pourtant, c’est un enfant dans années 90 qui… aime le punk rock.
Dans le Passé, et pour longtemps, l’intrépide Lois Lane était comme une femme-enfant, jusqu’à ce qu’elle accède à une maturité un peu cynique à laquelle Rachel Brosnahan rend justice… sauf que c’est pour récolter le rôle de la fille trop sérieuse au milieu d’un paquet de zinzins (d’hommes-enfants donc), de créatures pathétiques, avec aussi une touche de misogynie. Même si sa complicité amoureuse avec Clark Kent fonctionne bien, elle devient un personnage cliché que James Gunn a constamment utilisé, de Gamora jusqu’à Harcourt et la Fiancée de Frankenstein.
Le Luthor de Nicholas Hoult est en mode automatique, envahisseur fastoche de Forteresse, affamé de territoires et provocateur de catastrophes sismiques, comme jadis Gene Hackman. Et aussi jeune technocrate frêle, ultra riche, gamer (il utilise carrément des manips de jeux de baston), orgueilleux et comploteur, plus proche de l’excité omniscient Jesse Eisenberg que du trouble Michael Rosenbaum.
On y fourre même un peu de la série télé « Lois et Clark… » – débats journalistiques, un Jimmy bizarrement sexualisé, des parents Kent dont la douce loufoquerie devient maintenant un signe de démence…
Un peu de « Superman Returns » – un carton explicatif au début, la présence du héros qui a été remise en cause…
Et niveau comics on se retrouve avec des concepts SF, créés en roue libre depuis les années 50, et qui apparaissent comme trop bizarroïdes hors d’un film où on explorerait un autre monde.
En fait Gunn, et son producteur Peter Safran (qui est derrière plusieurs films DC un peu Pulp), suivent la même voie depuis l’après « Justice League »… laquelle consiste moins à construire et étendre un univers foisonnant, qu’à faire comme s’il existait déjà depuis un bail et qu’il était plus coloré qu’avant, moins pessimiste. Comme un soft reboot.
C’est toujours ça de gagné pour rattraper un peu l’avance des concurrents Marvel, et ça fait penser surtout à la série animée « Batman : L’Alliance des héros », très kitsch mais énergique, utilisant jusqu’aux plus obscurs et ridicules personnages DC, et snobant quelques grandes icônes.
Faites de même en action réelle, et la parodie est encore plus effective (comme dans la série « Peacemaker », où les grands héros sont soumis à des rumeurs mytho de la part des justiciers de seconde zone).
Pire encore quand le Méta s’en mêle :
Superman se fait défoncer dès le début ? C’est une manière de dire que Gunn récupère le personnage après qu’il ait été trop malmené ces dernières années (alors que non, y a pas que Cavill dans la vie, il y a eu des réussites)…
Et ça continue ensuite, avec quelques échecs, du harcèlement en ligne, et une révélation controversée lointainement inspirée de « Smallville » et des comics Invincible – Gunn a loupé l’occasion de traiter des fake news, via un héros qui se bat pour la Vérité… mais bon en fait, ce message rendu publique, c’est surtout un commentaire sur son histoire personnelle à l’époque de Marvel.
Plaignez-le donc, le pauvre !..
Sauf que tout ça est également raccord avec ce que faisait Zack Snyder sur le personnage, pendant ces années qui divisaient drastiquement le public entre foi aveugle, dégoût, et pragmatisme (ce sentiment en voie de disparition).
Ainsi, s’il y a de mauvaises choses qui arrivent à Superman, les machinations d’un Luthor permettront de le dédouaner de ses propres actions à l’emporte pièce, et il pourra d’autant plus passer pour une victime… Les badauds qui le soutiennent étant là pour créer du pathos, de l’émotion bon marché – y a-t-il beaucoup de spectateurs qui auront la larme à l’œil devant ça ? Ou qui seront inspiré par lui ?
On en oublierait que c’est fondamentalement un samaritain, solide, humble, qui fait juste de son mieux… Alors que James Gunn lui-même n’est pas vraiment comme ça, c’est peut-être un faux gentil.
Nous voilà donc avec un film tiraillé entre deux voies, ce qui est même symbolisé par le costume du héros :
Le bas de l’uniforme en boxer rouge fait très Vintage, nous faisant presque regretter que l’histoire ne se passe pas carrément dans les années 40 à 60…
Le haut fait plus Moderne, avec ses lignes droites et son col haut à la New 52 (dans lequel flotte son cou).
James Gunn s’amuse avec sa boîte à jouets DC illimitée (vraiment ?), mets des robots, file des rôles à ses potes, case ses plans-séquences habituels, ses jeux sur les arrières plans et un petit peu de jukebox, tout en se sentant forcé de parler de choses importantes dans le monde réel… Résultat, il ne réussit à mener complètement à bien ni l’un ni l’autre, puisque tout s’annule.
Son amour des monstres et des outsiders n’empêche pas son film d’être très laid, notamment avec la récurrence de ces teintes jaunâtres disséminées un peu partout, ses designs affadis par l’abus de numérique, la présence insistante de Zlatko Buri?… ce qui n’est pas très attirant pour les spectateurs, pas agréable pour un film de Superman.
Et son histoire d’intervention problématique dans un pays étranger/allié, désolé mais ça fait 2-3 fois qu’il nous la refourgue chez DC… Impossible alors de faire cohabiter des styles contradictoires quand le scénario cède trop à la facilité ?
Dur d’y voir ce qui a été inspiré par le comic All Star Superman…
Pour ça il aurait fallu oser une narration épisodique, où Superman aurait enchaîné et bouclé les exploits herculéens un par un, jusqu’à ce que les conséquences de ses victoires nous amènent à un climax ultime.
Il y avait un peu de ça au début, où au combat contre un ennemi fantoche succède une interview, qui prend son temps pour replacer l’orgueil et la déontologie du héros au centre du récit… d’ailleurs de tous les duels du film, c’est celui-là le meilleur (même s’il va le perdre, comme la majorité des autres).
Le reste n’étant que des bastons bien musclées mais pas très originales, gâchant allègrement des personnages prometteurs : plutôt qu’une intervention vite-fait à la fin, la rédaction du Daily Planet aurait dû avoir plus de place que cette proto Justice League (basés sur les comics humoristiques Justice League International, ces personnages sont écrits comme ceux de « Peacemaker »)… Krypto n’est rien d’autre que le Didier d’Alain Chabat… « Ultraman » et l’Ingénieur ne sont plus que des fantassins sans personnalité (dommage de ne pas plutôt s’être inspiré de l’histoire où Superman affronte les antihéros de l’Élite)… un monstre géant n’offre rien d’autre qu’un mini crossover avec le Monsterverse Warner… Metamorpho n’est là que pour faire une référence aux années Troma de Gunn… un caméo final induit les spectateurs en erreur sur la nature de cette personne…
Et une énième fois, c’est un blockbuster Tout Public pas ennuyeux, sympa, qui se laisse voir et peut s’améliorer avec le recul etc etc, malgré la gêne qu’il suscite périodiquement en se croyant cool ou audacieux – aucune chance quand les ruptures de ton sont tellement nombreuses que tout instant un tant soit peu important est annihilé par un Krypto foufou, un papa à l’air flippant, ou une possible incohérence (elles viennent d’où ces images d’enfance à la fin ? ce sont des films de famille ?).
Tant pis pour le côté glorieux, émerveillé et galvanisant associé à Superman, qui ici n’arrive pas à dépasser ses limites, et est un débutant qui a beaucoup trop besoin de l’aide d’autrui – c’est un peu comme dans « The Batman » d’ailleurs… on a juste troqué une Catwoman contre un chien.
Non, le héros fédérateur et sûr de lui, ça n’est pas encore au programme.
En fait, avec la récurrence du chiffre 3 dans le carton d’explication du début… c’est comme si c’était justement un Épisode 3, pas un premier.
Entre « Superman III » (1983) et « Thor : Ragnarok », qui profitaient des quelques caractérisations créées par leurs prédécesseurs pour lâcher la bride, être plus dans la comédie lourdingue tout en ayant un petit arrière-fond dramatique.
Disons que, depuis le début de ce siècle/millénaire, « Smallville » c’était le Nouvel Espoir, avec toutes les bases…
« Man of Steel » et sa suite, c’était la Contre-attaque, avec toutes les contradictions…
Et ce « Superman », c’est le Retour du Jovial, avec ses bons sentiments naïfs.
Et si vous voulez l’Épilogue, il existe déjà, c’est la série « Superman et Lois ».
Gunnerman
Je préfère les vraies origines de superman ont ses parents kryptoniens sont gentil