
Le lundi c’est librairie !
Aujourd’hui, nous vous proposons la chronique de trois albums :
- Resident Alien tome 1 : Bienvenue chez les humains (Delirium)
- Exquisite Corpses tome 7 (Urban Comics, en avant-première)
- Supergirl : The World (Urban Comics, en avant-première)
Chaque lundi, nous vous proposons dans notre rubrique Le lundi c’est librairie ! la chronique de titres parus en librairie. Il peut tout aussi bien y avoir des titres très récents ou des avant-premières que des albums sortis moins récemment.
Resident Alien tome 1 : Bienvenue chez les humains

Néanmoins, lorsque le véritable médecin de la ville disparaît, celui qui se cache sous les traits du « Dr Harry » est contraint de reprendre du service et se retrouve immédiatement plongé au coeur d'une enquête criminelle.
Parallèlement, les services secrets qui ont découvert des vestiges de l'épave du vaisseau écrasé, commencent à s'interroger sur ce qu'a pu devenir son passager...
- Éditeur : Delirium
- Prix : 25.00€
- Date de sortie : 05/06/2026
- Format : Couverture cartonnée, 208 pages
- Auteur(s) : Peter Hogan / Steve Parkhouse
- EAN : 9782493428714


Sous la plume de Peter Hogan, nous faisons donc la connaissance de Harry Vanderspeigle : médecin à la retraite, il tient à sa solitude et de prime abord il n’apprécie pas forcément que des policiers viennent lui demander son aide. Il faut dire aussi que l’on découvre très rapidement qu’il s’agit en fait d’un extra-terrestre, dont le vaisseau s’est écrasé sur la Terre il y a plusieurs années.
Le Dr Harry – comme on l’appelle – finit donc par se laisser convaincre et remplace au pied levé le médecin de la ville qui a eu la mauvaise idée de se faire assassiner. Ce qui est original, c’est que le lecteur voit son vrai visage tout du long, mais les autres personnages ne le remarquent pas (du moins pas tous) et donc n’ont aucune idée que le médecin n’est vraiment pas du coin.
Peter Hogan nous livre deux récits dans ce premier album, où non seulement le Dr Harry s’intègre à la vie de la petite ville où il exerce (ce qui répond à son besoin de socialisation, initialement caché derrière sa solitude volontaire) mais résout le mystère de plusieurs morts suspectes. En parallèle, une agence gouvernementale qui avait retrouvé son vaisseau essaye de savoir s’il y a ou non un extra terrestre caché sur Terre.
Ce qui est intéressant, c’est qu’à travers le prisme de la science-fiction l’auteur traite de l’intégration d’un étranger au sein d’une communauté européenne. Si le Dr Harry avait été un immigré mexicain clandestin au lieu d’un rescapé venu d’une autre planète, l’histoire aurait été quasi identique. Le titre Resident Alien joue aussi sur ce double sens, le mot « alien » signifiant « étranger » avant de désigner des extra-terrestre depuis que Ridley Scott a mis en scène un xénomorphe à la fin des années 1970.
Ce premier tome est passionnant, on se prend vite au jeu en suivant les aventures de ce médecin pas comme les autres et on tremble à l’idée que son secret ne soit découvert. On ressent même une certaine sympathie pour cet extra terrestre qui fait preuve d’une empathie certaine pour son peuple d’accueil.
Si vous connaissez la série télévisée qui est adaptée de ce comic book, vous aurez la surprise de constater quelques différences entre les deux. Si le concept est bien le même l’humour est différent (on est loin des pitreries d’Alan Tudyk), ce que Peter Hogan explique dans sa préface, et le ton est également différent. A noter que l’auteur de ces lignes n’a vu que la première saison de Resident Alien, donc cet avis peut évoluer par la suite.
Côté dessin, le style de Steve Parkhouse est d’une grande efficacité pour mettre ces deux récits en images. Le design du Dr Harry est simple et efficace, répondant aux stéréotypes les plus répandus sur des visiteurs venus d’ailleurs (et là aussi c’est différent de la série TV). C’est joliment dessiné, et on retrouve bien l’atmosphère si caractéristique des petites villes américaines avec un vernis de science-fiction de temps à autres.
Côté bonus, le sommaire de l’album est complété par deux préfaces (une de l’auteur, une de l’artiste) ainsi que par une galerie de couvertures.
Un excellent album, dont le concept fonctionne à merveille. Vivement la suite !
Exquisite Corpses tome 7


Contenu : Exquisite Corpses #12-13
- Éditeur : Urban Comics
- Collection : Urban Indies
- Prix : 7.90€
- Date de sortie : 10/07/2026
- Format : Couverture souple, 72 pages
- Auteur(s) : James Tynion IV / Michael Walsh
- EAN : 9791026855736


Double conclusion en fait : à la fois la conclusion de la série, mais aussi du jeu sans pitié des plus riches familles américaines qui s’amusent à dévaster une ville le temps d’un affrontement entre leurs tueurs dont certains sont tout de mêmes bien barjots.
James Tynion IV livre donc la fin de son récit, et histoire de ne pas avoir fait monter la pression pour rien il n’hésite pas à pousser tous les réglages à fonds pour un ultime tour de route sous forme de carnage. Les deux derniers tueurs en lice ne font donc pas dans la dentelle, mais il se passe par la suite quelque chose d’assez inattendu qui relance le jeu.
Il faut dire aussi que le jeu ne se déroule pas que sur le terrain : en coulisses, les représentants des familles n’hésitent pas à se tirer dans les pattes et à rivaliser de coups fourrés pour décrocher la victoire, synonyme de règne sans partage pendant cinq ans. Et donc là, on se retrouve avec de sacrés rebondissements !
Les personnes « ordinaires » de l’histoire, à savoir les habitants de Oak City qui n’ont rien demandé à personne, jouent aussi un rôle déterminant dans ce final. C’est l’occasion de constater qu’outre les victimes collatérales des tueurs sadiques au service des familles il y a aussi de sacrés traumatismes qui vont avoir des conséquences non négligeables.
Ce final est tout à fait éblouissant, mettant ainsi un terme en beauté à une série qui aura été passionnante de la première à la dernière page (et qui se prête bien à une lecture feuilletonnante). Ca pète de partout, l’auteur faisant preuve d’un sens du carnage tout à fait impressionnant. Le concept est d’une grande efficacité, et l’annonce d’une seconde saison en fin d’album donne envie de voir ce qui pourrait bien se passer pour une suite.
Côté dessin, c’est Michael Walsh (co-créateur de la série) qui tient les crayons pour ce dernier tour de piste et il ne s’économise pas. Son style restitue parfaitement l’ambiance oppressante du récit, et il ne se prive pas de montrer des trucs bien crado (donc les estomacs fragiles, etc, etc).
Un excellent album, qui termine en beauté une série qui aura été palpitante tout au long de sa parution.
Supergirl : The World


Contenu : Supergirl: The World
- Éditeur : Urban Comics
- Collection : DC Deluxe
- Prix : 20.50€
- Date de sortie : 10/07/2026
- Format : Couverture cartonnée, 200 pages
- Auteur(s) : Collectif
- EAN : 9791026857167


A travers un concept déjà employé avec Batman The World, Urban Comics nous propose donc un album où nous avons droit à des aventures de Supergirl écrites par des équipes créatives à travers le monde : France, Etats Unis, Mexique, Allemagne, Espagne, Finlande, Italie, Turquie, Serbie, Cameroun, Pologne, Colombie, Argentine et Japon (ce dernier étant imprimé dans le sens de lecture japonais).
Nous retrouvons donc Kara dans des aventures très variées, se déroulant dans les pays dont sont originaires les auteurs et autrices de chaque récit. Forcément, chaque récit étant sommes toutes assez court, il n’y a pas beaucoup de place pour développer des intrigues très fouillées mais suffisamment pour mettre en place des histoires bien fun.
L’idée n’est pas seulement de faire voyager Kara, vu que comme son illustre cousin elle se balade régulièrement aux quatre coins de la planète, mais bel et bien de voir comment chaque pays s’approprie son personnage. Pour certaines histoires, il y a même une incorporation des mythes locaux à l’histoire mais pour chacune d’entre elles c’est la culture et l’atmosphère du pays qui sont restituées.
Outre le plaisir d’avoir une suite d’aventures de Kara, l’album est intéressant à lire du fait de la découverte de la BD dans chaque pays qu’il nous propose. C’est aussi l’occasion de découvrir des talents venus d’autre part que les USA, encore que certains d’entre eux officient déjà chez des éditeurs américains et sont donc déjà connus du lectorat.
Ces différentes histoires sont très agréables à lire, avec des thématiques variées et une très bonne utilisation du personnage de Supergirl. Sans vouloir faire de favoritisme, nous trouvons l’histoire française (signée par Kid Toussaint et Joël Jurion) particulièrement réussie mais de toutes façons toutes les histoires valent le coup de s’y intéresser !
Côté dessin, là aussi nous retrouvons une grande variété de styles de graphisme qui donnent au concept de l’album toute sa force : on voit donc comment les artistes de chaque pays dessine une aventure de Supergirl, et cette variété est particulièrement agréable à lire. Mention spéciale à une page de l’histoire espagnole signée David Carro, qui est tout simplement sublime voire même hypnotique.
Un excellent album, dont le concept nous permet à la fois de profiter d’une collection très sympa d’épisodes mais aussi de découvrir les styles de BD des pays concernés.
C’est tout pour aujourd’hui !
Le lundi c’est librairie ! vous donne rendez-vous lundi prochain pour une nouvelle chronique.
Le sommaire de la prochaine chronique sera consacré à un ou plusieurs albums, rendez-vous la semaine prochaine !
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