
Le lundi c’est librairie !
Aujourd’hui, nous vous proposons la chronique de deux albums édités par Urban Comics.
Au programme :
- Rook Exodus tome 1
- Jenny Sparks (en avant-première)
Chaque lundi, nous vous proposons dans notre rubrique Le lundi c’est librairie ! la chronique de titres parus en librairie. Il peut tout aussi bien y avoir des titres très récents ou des avant-premières que des albums sortis moins récemment.
Rook Exodus tome 1

Contenu : ROOK EXODUS #1-6
- Éditeur : Urban Comics
- Collection : Grand Format Urban
- Prix : 25.00€
- Date de sortie : 04/07/2025
- Format : Couverture cartonnée, 192 pages
- Auteur(s) : Geoff Johns / Jason Fabok
- EAN : 9791026824497


Avec une introduction comme ça, on pourrait penser qu’il s’agit de notre bonne vieille Terre, mais pas du tout. Il s’agit en effet d’une planète lointaine baptisée Exodus qui a été colonisée et terraformée par les terriens, mais au bout d’un temps ils ont fini par bousiller cette planète là aussi et la situation n’est guère enthousiasmante.
Geoff Johns nous raconte l’histoire de Corbeau, qui est un berger. Ces derniers disposent de casques spéciaux qui leur permettent de contrôler différents animaux, chaque berger ayant son espèce qui lui est propre (Corbeau contrôle les oiseaux, Louve les loups, etc…). Corbeau cherche à quitter Exodus et pour ce faire essaye de construire une fusée pour s’enfuir de cette planète sans espoir, mais rien n’est simple, d’autant que les équipements de la planète (dont le réseau animalier qui fait fonctionner les casques) ont tendance à partir en cacahuète.
C’est une ambiance toute particulière qui nous est proposée dans ce premier tome de Rook Exodus : c’est en effet de la science-fiction post-apocalyptique, sur un monde de désolation où tout espoir d’une civilisation qui tienne debout semble s’être envolé. Ici pas de catastrophe mondiale ou de guerre nucléaire, « juste » le terraformeur servant à rendre la planète habitable qui est tombé en panne et la société responsable de ce monde semble s’en désintéresser.
Au tout début de l’histoire, le cadre est réduit autour de Corbeau qui nous décrit le contexte à travers ses yeux et nous raconte sa quête effrénée de pièces détachées pour s’enfuir. Puis au fil des pages nous rencontrons d’autres bergers, et tous ne sont pas forcément bienveillants. On se retrouve en effet dans un cadre très hostile, où certains personnages ont des intentions bien sinistre sur ce monde qui ne l’est pas moins.
Autant le dire clairement, avec cet album nous tenons une des pépites de l’année. Ce premier tome est tout simplement passionnant, on rentre immédiatement dans le vif du sujet avec une grande facilité grâce aux talent de narrateur de Geoff Johns et on se réjouit de découvrir d’autres bergers avec les animaux qui les accompagnent.
Palpitant de la première à la dernière page, ce premier tome pose les bases d’un univers très cohérent et de grande qualité au service d’une histoire qui se lit vraiment très bien. Le concept fonctionne à merveille, et on ne s’ennuie pas une seule seconde en tournant les pages de cet album. On se demande vraiment ce qui nous attend pour la suite de cette histoire pas comme les autres !
Côté dessin, là aussi nous sommes gâtés. Déjà les planches de Jason Fabok sont absolument magnifiques : qu’il s’agisse des paysages d’Exodus, des animaux ou même du design des différents personnages, il n’y a absolument rien à jeter. En plus, tout ceci est sublimé par la magnifique coloration de Brad Anderson qui fait briller de mille feux ces superbes dessins. Et bien entendu, le grand format permet de s’en mettre plein les yeux !
Du côté des bonus, le sommaire de l’album est complété par des fiches sur les personnages et le réseau animalier, ainsi que par des illustrations.
Un excellent album, doté à la fois d’une histoire passionnante et d’un superbe graphisme. Vivement la suite !
Jenny Sparks


Contenu : Jenny Sparks (2024) #1-7
- Éditeur : Urban Comics
- Collection : DC Black Label
- Prix : 22.50€
- Date de sortie : 11/07/2025
- Format : Couverture cartonnée, 216 pages
- Auteur(s) : Tom King / Jeff Spokes
- EAN : 9791026823001


Les lecteurs qui connaissent l’univers Wildstorm connaissent forcément Jenny Sparks, aussi appelée l’esprit du XXe siècle. Cette femme surpuissante, grosse fumeuse au langage châtié, a trouvé la mort à la fin du XXe siècle mais la voici de retour.
Tom King met donc en scène la redoutable Jenny Sparks dans un contexte pour le moins surprenant : déjà, elle est considérée par les super-héros comme une sorte de « police des polices » qui veille à ce qu’ils restent dans le droit chemin, mais en plus elle doit faire face à Captain Atom qui exige d’être considéré comme un dieu, voire « le » dieu tout court.
Lorsqu’il s’empare d’un personnage, Tom King a l’habitude d’en disséquer l’essence même pour en faire ressortir la quintessence, comme nous avons pu le constater à plusieurs reprises dans ses histoires. Ici c’est un peu différent, car en dépit de ce que le titre de l’album laisse supposer il ne s’intéresse pas particulièrement au personnage de Jenny Sparks mais davantage à celui de Captain Atom.
On est en effet davantage dans une réflexion sur le super-héroïsme en général, un peu comme dans Watchmen. D’ailleurs Captain Atom est le personnage qui a inspiré Alan Moore pour créer le Dr Manhattan, et certains passages font fortement penser à ce dernier.
Ce qui est dommage, c’est que cet album part vraiment dans tous les sens. Tom King se livre à une analyse à travers les faits marquants de ce siècle (le 11 septembre, la pandémie de COVID…), sans qu’on comprenne vraiment où il veut en venir. C’est plus clair lorsque Jenny Sparks confronte directement les super-héros DC vis à vis de leur non intervention face à ces faits marquants, mais ce n’est pas tout le temps le cas.
C’est vraiment dommage, parce qu’on sent derrière tout ce bordel ambiant qu’il y a une réflexion poussée sur le concept même de super-héros, et à quel point la tentation peut être grande de se prendre pour une divinité aux yeux des simples humains. Mais au bout du compte on referme le livre en se demandant vraiment ce que Tom King a voulu nous raconter.
Il y a néanmoins de bonnes idées, et certains passages sont vraiment très bien pensés, mais globalement cet album est une déception et ce à deux niveaux : le personnage de Jenny Sparks sort assez peu de son image de machine à débiter des gros mots en réclamant du feu à tout bout de champ (d’ailleurs il est assez étrange qu’ils soient censurés alors qu’on est dans du Black Label), et Tom King nous a habitués à beaucoup mieux dans ce genre de récits.
Vous l’aurez compris, Jenny Sparks n’a pas vraiment convaincu la rédaction qui ne saurait trop vous conseiller cet album. Et pourtant, vous pouvez être sûrs qu’il était attendu de pied ferme, la déception n’en est donc que plus grande !
Côté dessin, Jeff Spokes signe des planches convaincantes, notamment sur la représentation des personnages. Par contre c’est tout de même un rien statique, ce qui est un peu dommage.
Un bon album, qui nous propose une histoire avec une réflexion intéressante mais qui malheureusement part dans tous les sens et c’est dommage.
C’est tout pour aujourd’hui !
Le lundi c’est librairie ! vous donne rendez-vous lundi prochain pour une nouvelle chronique.
Le sommaire de la prochaine chronique sera consacré à un ou plusieurs albums, rendez-vous la semaine prochaine !
Consulter nos autres chroniques de la rubrique Le lundi c’est librairie !


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