Le lundi c’est librairie ! #419

Le lundi c'est librairie !

Le lundi c’est librairie ! Trois titres de Delcourt Comics sont au programme cette semaine :

  • Oblivion song tome 3
  • Gaijin Salamander
  • Bone parish tome 1

 

Oblivion song tome 3
Oblivion song t3 - Janvier 2020

Delcourt Comics
Collection Contrebande

160 pages – 16.30€
Janvier 2020 – Cartonné

Robert Kirkman
Lorenzo De Felici

Commander sur Place des libraires
Commander sur Bubble
Commander sur Excalibur Comics

Le monde de Nathan Cole s’écroule autour de lui. Afin de préserver son monde, mais aussi celui d’Oblivion, il n’a d’autre choix que de tenter de recoller les morceaux et de continuer à avancer. Mais il va y avoir un événement tout aussi cataclysmique que le premier : une deuxième transférance se produit ! Et toutes les cartes sont rebattues.

Après deux tomes très réussis, Oblivion song est de retour pour un troisième tome qui explore de nouvelles directions.

Robert Kirkman est un scénariste qui aime surprendre son lectorat, comme il l’a déjà montré à maintes reprises dans Walking dead. Là aussi, il surprend le lecteur en se démarquant du « simple » récit de survie en milieu hostile pour explorer d’autres thématiques sans pour autant le délaisser.

Grâce un petit saut dans le temps – astuce dont l’auteur se sert régulièrement dans ses travaux – nous pouvons voir ce qui découle des événements des tomes précédents. Et il se trouve qu’il s’est passé des choses très positives, qui montrent que le monde n’est ni tout blanc ni tout noir.

Mais il se passe encore pas mal de choses désagréables du côté du monde étrange d’Oblivion, et au fur et à mesure nous en apprenons davantage sur lui tandis que des visages ressurgissent. Robert Kirkman fait bien monter la tension avec l’utilisation des créatures étranges d’Oblivion, et tout en répondant à certaines questions il en pose d’autres, une façon de montrer qu’il a encore pas mal de choses à raconter dans cette histoire.

Ce troisième album, qui surprendra le lecteur avec des rebondissements qu’il ne verra pas arriver, est très réussi. Une fois encore l’auteur fait mouche pour raconter une histoire qui est très centrée sur les personnages eux-mêmes, et déploie un arsenal de très bonnes idées qui fonctionnent parfaitement.

C’est Lorenzo De Felici qui s’occupe de la partie graphique de Oblivion Song, et le résultat est tout aussi convainquant que dans les tomes précédents. A part le fait que de temps en temps certains visages se ressemblent un peu (et encore c’est rare), le graphisme est très soigné et les planches sont très joliment dessinées.

Le graphisme des passages sur Oblivion est vraiment très réussi, avec notamment des créatures qui sont effrayantes sans en faire de trop. En effet, elles n’ont rien de vraiment dégoûtant mais elles sont suffisamment étranges et mises en valeur dans leur différences avec ce que l’on connait pour réussir à faire peur lorsqu’elles arrivent au détour d’une case.

Un excellent album, qui entraine le lecteur dans de nouvelles directions intéressantes.


Gaijin Salamander
Gaijin Salamander - Janvier 2020

Delcourt Comics
Collection Contrebande

160 pages – 16.50€
Janvier 2020 – Cartonné

Massimo Rosi
Ludovica Ceragatti

Commander sur Place des libraires
Commander sur Bubble
Commander sur Excalibur Comics

« Nous sommes les derniers guerriers, les derniers pacifistes de cette école, et je vous la laisse en héritage à vous, un Gaijin ». Gaijin Salamander parle de la futilité de la guerre et du désir de paix d’un Gaijin (un étranger), représenté sous les traits d’une salamandre, qui vit dans un Japon féodal peuplé de grenouilles, et qui doit faire face à des hordes d’envahisseurs, incarnés par des lézards.

Une histoire située dans le Japon féodal, ça peut sembler banal. Mais ce qui l’est moins, c’est qu’il s’agit d’un récit où les personnages sont des animaux.

Massimo Rosi met en effet en scène des grenouilles, des lézards et une salamandre (le fameux « gaijin » du titre) en lieu et place des humains dans cette histoire de guerre et d’honneur. Ce n’est pas le premier récit anthropomorphique que l’on puisse trouver dans le catalogue de Delcourt Comics (on peut penser notamment à Solo), mais le concept est très bien exploité et permet de traiter efficacement le thème de la différence.

Lorsqu’on évoque le Japon féodal, on pense immédiatement aux guerres entre seigneurs ainsi qu’aux samouraï et autres ronin. Gaijin Salamander ne fait pas exception à la règle, et on y retrouve tout cela. Mais au-delà d’une simple histoire de samouraï alignant les combats, c’est aussi l’expression d’une philosophie qui ne met pas le conflit en avant mais prône plutôt le pacifisme.

Bien entendu, il y a des scènes de bataille et de combats mais Massimo Rosi démontre plusieurs fois le fait que le personnage le plus agressif n’est pas le plus puissant. Il est aussi beaucoup question d’honneur, et tout le rite traditionnel japonais autour de cette notion est parfaitement traité.

L’histoire traitée dans cet album est intéressante, avec un personnage principal à l’histoire touchante. Le lecteur ressent assez facilement son mal être, et son histoire tragique ne le laissera certainement pas de marbre.

Cependant, le problème de Gaijin Salamander réside dans sa longueur : le rythme est lent, et certains passages traînent en longueur avec beaucoup de cases de textes sur de simples images. Cela n’en fait pas un mauvais récit, loin de là même, mais on sent que si l’histoire avait été un peu plus courte elle aurait été encore meilleure.

Le graphisme de Ludovica Ceregatti est de son côté très réussi. L’artiste relève haut la main le défi de mettre en scène un récit anthropomorphique avec des animaux qui ne s’y prêtent pas forcément. Les personnages sont très bien représentés, et les décors sont très soignés.

Un  bon album, qui aurait gagné à être un peu plus concis.


Bone Parish tome 1
Bone Parish t1 - Février 2020

Delcourt Comics
Collection Contrebande

112 pages – 14.95€
Février 2020 – Cartonné

Cullen Bunn
Jonas Scharf

Commander sur Place des libraires
Commander sur Bubble
Commander sur Excalibur Comics

Une nouvelle drogue envahit les rues de la Nouvelle-Orléans. Une drogue manufacturée à partir de cendres de corps calcinés. Une véritable guerre s’engage pour le contrôle de la production et de la distribution car la demande explose… Mais pendant que les tensions montent, les utilisateurs de cette drogue se mettent à expérimenter de terrifiantes visions de personnes mortes, revenues à la vie grâce ou à cause d’eux et de leur addiction !

Il y a quelque années, Keith Richards déclarait – avant de se rétracter – avoir sniffé les cendres de son père. L’idée semble avoir inspiré le concept de cette série qui parle un peu de la même chose.

Cullen Bunn raconte en effet ce qui se produit quand une nouvelle drogue est fabriquée à partir des cendres des morts. L’histoire semble glauque à première vue ? Elle l’est ! Bone Parish est en effet un récit sombre et glauque, où se mêlent le fantastique et les aspects très concrets des trafics de drogue. Inutile donc de chercher le moindre humour dans ces pages, ce qui est plutôt bien vu que le sujet ne s’y prête guère.

Page après page, l’auteur nous dévoile ce qui se cache derrière cette drogue, avec plusieurs rebondissements prompts à faire sursauter le lecteur quand il s’y attend le moins. On pourra par contre déplorer un recours au gore alors que ce n’est pas forcément utile, il y a largement de quoi faire peur sans montrer des tripes qui dégoulinent.

La lecture de ce premier tome est passionnante du début à la fin, l’auteur emprisonnant ses personnages dans une spirale infernale d’événements qui ne cesse de faire monter la pression. Le concept est très bien utilisé, et le mélange de fantastique/horreur et de polar marche à merveille. On retrouve les codes des histoires parlant de trafics de drogue mélangés efficacement à ceux de récits d’horreur.

Ce premier tome est en tout cas très prometteur, et donne envie d’en lire davantage. On sent que l’auteur est loin d’avoir fait le tour de son concept et réserve encore pas mal de surprises à ses lecteurs.

La partie graphique signée Jonas Scharf est quant à elle très soignée. Les planches reflètent bien l’ambiance de la série et les effets de la drogue, avec une représentation différente pour les flashbacks qui permet de bien les différencier.

Certains dessins sont très gore, ce qui fait que l’album n’est pas recommandé pour les lecteurs les plus sensibles.

Un excellent album, qui inaugure très bien une série prometteuse.


 

C’est tout pour aujourd’hui !

Le lundi c’est librairie ! reviendra la semaine prochaine avec un album qui a fortement inspiré une série télévisée dont nous parlions l’été dernier.




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A propos mdata

Rédacteur en chef de Watchtower Comics.

2 réponses à Le lundi c’est librairie ! #419

  1. JN dit :

    Beaucoup aimé ce Bone Parish également… Vivement la suite en juillet prochain !!!

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