Le lundi c’est librairie ! #398

Le lundi c'est librairie !

Le lundi c’est librairie ! vous propose aujourd’hui la chronique de trois albums édités par Delcourt Comics.

Au programme : Birthright t7, Dracula – Edition couleur et Invincible t25.

Birthright tome 7
Birthright t7 - Septembre 2019

Delcourt Comics
Collection Contrebande

128 pages – 16.50€
Septembre 2019 – Cartonné

Joshua Williamson
Andrei Bressan

Alors que Mikey continue à rechercher Brennan et Kallista, il doit pourtant faire face à plus d’un danger ! Les événements survenus récemment le placent dans un rôle inattendu. Est-il en passe de devenir le principal défenseur de la Terre… Ou bien est-ce que ses actions passées rendent déjà cette nouvelle mission quasiment impossible à remplir ?

Comme le temps file… nous voici déjà au septième tome de la série Birthright !

Suite aux événements du tome précédent, le contexte de l’histoire est particulièrement tendu et surtout le centre de l’histoire a changé. L’air de rien, Joshua Williamson a subtilement orienté son histoire vers d’autres objectifs. Certes, le coeur de l’intrigue reste le même : la famille et les liens entre ses membres. Mais nous ne sommes clairement plus dans le même contexte qu’au début de l’histoire avec le retour de Mikey. Les enjeux sont plus ambitieux, et la thématique dépasse de loin ce qui se passait il y a plusieurs tomes.

Comme dans les tomes précédents, l’auteur enrichit l’histoire de son personnage principal en nous dévoilant son passé sur le monde de Terrenos. La recette est toujours aussi efficace, notamment grâce à un parfait dosage des flashbacks qui surviennent toujours au bon moment. Cet éclairage sur le passé permet de mieux comprendre le présent, et de mieux appréhender les multiples rebondissements de l’histoire.

Car comme dans les tomes précédents, des rebondissements il y en a ! Joshua Williamson semble décidément avoir plein d’idées dans sa musette et n’hésite pas à surprendre le lecteur en faisant tel ou tel virage dans sa narration. L’histoire reste en tout cas passionnante, et l’intérêt ne diminue pas depuis le premier tome de cette série.

Comme dans les tomes précédents, la fin de l’album est saisissante et semble synonyme d’un sacré carnage à venir. L’auteur s’est visiblement gardé sous le coude de quoi nourrir une nouvelle fois l’imaginaire du lecteur, qui va sûrement s’avérer impatient de dévorer la suite de l’histoire.

Le dessin, assuré par Andrei Bressan, est de son côté toujours aussi réussi que dans les tomes précédents. La patine heroic fantasy est toujours aussi efficace, et l’incursion de cette atmosphère dans le « vrai » monde fonctionne très bien. La représentation de la magie est aussi particulièrement soignée, et les scènes d’action sont très efficaces.

Une galerie de couvertures et un plan de Terrenos complètent le sommaire de cet album.

Un excellent album, qui poursuit habilement la série.


Dracula – Edition couleur
Dracula - Edition couleur - Septembre 2019

Delcourt Comics
Collection Contrebande

144 pages – 15.95€
Septembre 2019 – Cartonné

Roy Thomas
Mike Mignola

Transylvanie, 1462. Vlad Drakul laisse la belle Elisabeta pour guerroyer contre l’envahisseur turc. Revenu victorieux du combat, il découvre qu’elle s’est suicidée à la fausse nouvelle de sa mort. Eperdu de douleur, il abjure sa foi en l’église et en appelle aux puissances du sang pour venger et retrouver sa bien-aimée à l’aide de pouvoirs obscurs. Il devient alors un vampire connu sous le nom de Dracula.

Dans les années 1990, Francis Ford Coppola a livré sa vision de Dracula, qui s’éloignait des représentations habituelles du personnage. En voici l’adaptation en BD, et en version colorisée !

C’est au vétéran Roy Thomas qu’est confiée la délicate mission de retranscrire l’histoire du film, et force est de constater que l’auteur s’en tire vraiment très bien. Il faut dire que ce n’est pas la première fois qu’il écrit sur Dracula, même si cette fois il doit suivre le film, ce qui donne en fait une adaptation au second degré puisque ce dernier adapte le roman de Bram Stocker.

Nous retrouvons donc la trame du film, forcément abrégée car il serait à la fois vain et pompeux de prétendre restituer un film complet sous forme de comics. Adaptation, tout est dans le mot, et pour le coup Roy Thomas réalise une adaptation soignée sans trahir le matériel de départ avec des interprétations en contre-sens ni sans faire de coupes excessives. L’ambiance du film est au rendez-vous, et les points principaux de l’histoire sont au rendez-vous, et nous sommes vraiment à des années-lumières d’adaptations plus récentes de films sous cette forme.

Comme le film, cette vision du mythe de Dracula est audacieuse et à contre-courant de la majorité des canons de l’époque sur les vampires. On retrouve donc ce côté à la fois sensuel et désespéré de l’histoire, qui avait surpris le public lors de la sortie du film. Les personnages sont fidèles à leurs modèles filmés,et sans prétendre pouvoir le remplacer cet album est à la fois un bon produit d’appel pour le film en donnant envie de le voir et un bon moyen de s’y replonger après visionnage.

Du côté du dessin, c’est Mike Mignola qui officie et le résultat est vraiment très bon. On retrouve le style graphique de l’artiste qui a fait les beaux jours de l’univers Hellboy, ce qui colle à merveille à l’ambiance de cette adaptation. On pourra remarquer que l’artiste n’a pas forcément cherché la restitution très fidèle des traits des comédiens, mais tout en donnant aux personnages une ressemblance qui permet tout de même de s’y retrouver.

Côté bonus, nous avons droit à des planches en version crayonnées et des couvertures originales, ce qui est très intéressant pour voir le travail de l’artiste.

Un excellent album, qui constitue une très belle adaptation du film.


Invincible tome 25
Invincible t25 - Octobre 2019

Delcourt Comics
Collection Contrebande

192 pages – 16.50€
Octobre 2019 – Cartonné

Robert Kirkman
Ryan Ottley / Cory Walker

Aucun recoin de l’univers d’Invincible ne sera épargné… Et ensuite, tout sera TERMINÉ. Mark Grayson alias Invincible est opposé à Thragg dans un ultime combat aux proportions épiques. L’ensemble de la série, depuis son tout premier numéro, préparait Mark à cet instant. Mais le lecteur, lui, n’est sans doute pas prêt à ce qui l’attend à l’issue de ce récit.

Le moment redouté par les lecteurs d’Invincible est arrivé : la sortie du vingt-cinquième et dernier tome de la série.

Après toutes ces années où il a développé le personnage de Mark Grayson et l’univers qui l’entoure, Robert Kirkman met donc un terme à son histoire. Nous avions déjà eu un avant-goût de ce qui nous attendait avec la première partie de cette fin parue il y a quelques mois, mais maintenant il est temps pour l’auteur de ranger ses jouets et pour le lecteur de dire au revoir à une galerie de personnages attachants dont il a pu suivre l’évolution au cours des années.

Car c’est là toute la force d’Invincible : les personnages sont très bien caractérisés et ont tous évolué au fil des années, et le lecteur a été témoin de cette évolution. Mark Grayson, alias Invincible, est d’ailleurs au cœur de cette évolution car le lecteur a pu ressentir à ses côtés tout le spectre d’émotions qui ont caractérisé sa vie numéro après numéro. Nous l’avons vu grandir, acquérir de l’expérience, tomber amoureux, devenir père à son tour, souffrir… Comme souvent dans son oeuvre, Robert Kirkman met la famille au cœur des thématiques abordées tout au long de la série, et cela fonctionne redoutablement bien.

Alors, que donne cette fin ? Et bien elle est à la fois spectaculaire et digne, offrant à cette saga un dénouement épique et intimiste à la fois. Le lecteur aura droit à des combats homériques mais aussi à des moments d’émotion particulièrement touchants, avec au passage la cloture propre des intrigues en cours et des référence à l’univers de la série depuis son tout début. Ca fait un peu comme certaines séries télévisées qui offrent un véritable jubilé lors de leur ultime saison en faisant revenir tous les personnages, ce qui peut faire sourire le lecteur en se rappelant de tel ou tel moment de sa lecture.

Côté émotion, on pourra apprécier que Robert Kirkman nous offre des moments très poignants sans pour autant enfoncer à fond les manettes du mélo tire-larmes. C’est très touchant, et un passage en particulier m’a bien mouillé les yeux, mais c’est suffisamment pudique pour qu’on ne se retrouve pas dans une histoire gratuitement larmoyante. Et puis de temps à autre on retrouve quelques vannes « façon Invincible« , comme d’habitude. Cet ultime tome termine tellement bien la série qu’on ne peut pas envisager une façon de la finir autrement.

Invincible aura été du début à la fin une série remarquablement passionnante, malgré un léger ventre mou dans un album, et constitue à mon avis la meilleure oeuvre de son auteur. Si vous aimez les super-héros et que vous avez fait l’impasse sur Invincible, vous avez clairement raté quelque chose !

Au graphisme, nous retrouvons Ryan Ottley et Cory Walker, qui signe une partie du chapitre 6. Les éloges sur le dessin d’Invincible tome après tome sont toujours d’actualité avec cet ultime album. Les planches sont superbement réalisées, avec beaucoup de dynamisme dans les scènes d’action et une restitution vraiment réussie de passages « bigger than life ». J’ai aussi beaucoup aimé la mise en page d’une scène en particulier (celle qui m’a fait pleurer), qui en restitue parfaitement l’émotion.

Côté bonus, outre les couvertures nous trouvons le traditionnel sketchbook commenté qui cette fois est moins assommant que dans les autres tomes.

Un excellent album, qui conclut en beauté une excellente série de super-héros.


C’est tout pour aujourd’hui !

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A propos mdata

Fondateur et rédacteur principal de Watchtower Comics.

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