
Le lundi c’est librairie !
Aujourd’hui, nous vous proposons la chronique de deux albums édités par Delcourt Comics :
- Battlebeast tome 1 : Le Fauve de combat
- Goldfish (en avant-première)
Chaque lundi, nous vous proposons dans notre rubrique Le lundi c’est librairie ! la chronique de titres parus en librairie. Il peut tout aussi bien y avoir des titres très récents ou des avant-premières que des albums sortis moins récemment.
Battlebeast tome 1 : Le Fauve de combat

Robert Kirkman himself, au scénario, et Ryan Ottley au dessin - les auteurs de la série mère - sont de retour ! Ils ne retenaient pas leurs coups sur Invincible, et maltraitaient régulièrement les personnages. Battlebeast est un récit haletant qui va encore plus loin en termes de violence graphique explicite.
- Éditeur : Delcourt Comics
- Collection : Contrebande
- Prix : 18.50€
- Date de sortie : 02/04/2026
- Format : Couverture cartonnée
- Auteur(s) : Robert Kirkman / Ryan Ottley
- EAN : 9782413093565


Issu de l’imagination toujours fertile de Robert Kirkman, le Fauve de combat vit donc ici ses aventures en solo en ayant une quête pour le moins insolite : il cherche un adversaire assez puissant pour le tuer, mais également susceptible de lui offrir un beau combat… autant dire que vu sa puissance, ce n’est pas le premier gugusse venu qui va pouvoir satisfaire ses attentes.
Quand il était écrit juste au-dessus que Battle Beast opère en solo, ce n’est pas tout à fait vrai : l’auteur le fait en effet cohabiter avec l’ordinateur du vaisseau dont le Fauve de combat a massacré l’équipage (et cet ordinateur a une personnalité marquée) ainsi qu’un autre personnage qui rejoint l’histoire un peu plus tard et qui est pour le moins insolite.
Quand on lit cet album, au fil des pages on peut trouver une ressemblance avec les Hercule de Bob Layton avec ce guerrier invincible voyageant dans l’espace en compagnie de personnages improbables. Mais la ressemblance est tout de même assez légère, car l’ambiance est largement plus violente dans Battle Beast.
En effet, Robert Kirkman ouvre les vannes à fond pour offrir au lecteur un divertissement très bourrin et surtout bien gore. Tout est prétexte à faire gicler des tripes dans tous les sens, et d’ailleurs c’est un peu là que ça pêche : si le concept du guerrier invincible qui veut faire son dernier combat tient la route et qu’il y a des touches d’humour bienvenues, l’histoire tient souvent du prétexte à repeindre les murs avec l’intérieur des adversaires du Fauve de combat.
Ce premier tome se lit donc bien, mais on a déjà eu droit à mieux de la part de Robert Kirkman. Une simple suite de baston toutes plus sanglantes les unes que les autres, pour le moment c’est assez peu. Ce n’est pas non plus illisible, les interactions avec l’ordinateur et l’autre voyageur sont bien pensées et il y a des choses très originales, mais quand on voit de quoi l’auteur est capable on est en droit de penser qu’il est un peu petit bras sur ce premier album de Battle Beast.
A noter que le traducteur, en plus de l’habituel « Fulchibar » s’est amusé à glisser une référence à Spectreman qui parlera aux lecteurs qui ont un certain kilométrage. L’aviez vous repérée ?
Côté graphisme, Ryan Ottley ne fait pas les choses à moitié et livre des planches très soignées où les scènes d’action sont particulièrement dynamiques. Mais forcément comme précisé plus haut, c’est particulièrement gore donc si la vision des entrailles des personnages vous rebute vous risquez de ne pas trop apprécier le dessin…
En ce qui concerne les bonus, le sommaire est complété par une galerie d’illustrations et un sketchbook commenté.
Un bon album, dont le concept est efficace mais qui donne un peu trop l’impression d’une succession de prétextes pour mettre des tripes partout.
Goldfish


- Éditeur : Delcourt Comics
- Collection : Contrebande
- Prix : 27.95€
- Date de sortie : 13/05/2026
- Format : Couverture souple
- Auteur(s) : Brian Michael Bendis
- EAN : 9782413088424


David Gold, surnommé Goldfish (« poisson rouge » en français, c’est un surnom qu’il déteste), est un petit escroc qui n’a pas son pareil pour dépouiller les gens au bonneteau ou au poker. S’il revient dans sa ville natale c’est pour récupérer son fils mais vu que la mère de ce dernier est le gros bonnet criminel local cela s’annonce assez compliqué.
Après Torso et Jinx (dont on vous parlera bientôt) nous retrouvons donc Brian Michael Bendis dans un troisième polar noir, genre qu’il maitrise parfaitement. L’ambiance est particulièrement soignée, sous la forme d’hommages plus ou moins visibles aux classiques du genre et surtout de l’emploi tout à fait efficace des codes du genre. Si cette histoire se déroule dans les années 1990, elle aurait tout aussi bien pu se dérouler bien avant sans en changer grand chose.
Entrainé à la suite de Goldfish, le lecteur découvre non seulement sa quête mais aussi tout l’écosystème criminel dans lequel il doit baigner pour parvenir à ses fins. Il y a donc pas mal de bandits mais aussi de flics, sans oublier des personnages secondaires qui font tout le liant de l’intrigue.
On le sait, Brian Michael Bendis n’a pas sa langue dans sa poche en ce qui concerne les dialogues, ce qui peut être dommageable dans certains de ses travaux. Ce n’est pas le cas ici, car si ses personnages sont bavards c’est avant tout pour installer tout un contexte de polar noir et on ne trouve pas du tout le temps long en lisant les innombrables bulles qui ornent les planches ou les pavés de textes lorsqu’il n’y a pas de phylactères.
L’immersion est immédiate, et on suit avec beaucoup d’intérêt les (mes)aventures de David Gold tout au long de l’album. L’intrigue est solides, les personnages sont bien caractérisés et surtout il n’y a rien de gratuit dans cette histoire dont la narration est particulièrement soignée. L’histoire est dure et implacable, et rien ne sera épargné aux personnages jusqu’à un final qui ne fait pas dans la dentelle.
Goldfish fait partie des oeuvres qui ont lancé la réputation de l’auteur, lui permettant par exemple d’utiliser son savoir faire dans le domaine de l’urbain au service d’un certain Daredevil, et en le lisant on comprend pourquoi car c’est vraiment du très bon polar noir écrit par quelqu’un qui sait parfaitement jouer avec cet univers.
Côté dessin, Brian Michael Bendis surprend, et pas seulement parce qu’il est davantage connu comme scénariste. Tout d’abord il y a ce noir et blanc élégants et riche en aplats qui contribue à la richesse de l’atmosphère, mais aussi des mises en page très inventives qui cassent la routine de traditionnels gaufriers (même s’il y en a tout de même). Les visages des personnages sont quant à eux expressifs, ce qui est bien entendu un point important.
En ce qui concerne les bonus, le sommaire de l’album est complété par le making of de Goldfish : un aperçu d’époque de l’histoire, un court récit promotionnel, une rétrospective sur le développement du livre et une galerie d’illustrations.
Un excellent album, qui ravira les lecteurs amateurs de polars noirs.
C’est tout pour aujourd’hui !
Le lundi c’est librairie ! vous donne rendez-vous lundi prochain pour une nouvelle chronique.
Le sommaire de la prochaine chronique sera consacré à un ou plusieurs albums, rendez-vous la semaine prochaine !
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